CÉLÉBRATION DE LA CONFIRMATION – ND de la Croix – ND de Lourdes – ND des Otages – Coeur Eucharistique

CÉLÉBRATION DE LA CONFIRMATION – ND de la Croix – ND de Lourdes – ND des Otages – Coeur Eucharistique

Mes étudiants se méfient des convictions. Quand ils en ont, elles sont à la fois fort généreuses et trop générales : « Il faut respecter la différence », « Chacun est libre de dire ou de faire ce qu’il veut, sans blesser les autres bien sûr » … Sortis de ces vagues proclamations, ils craignent de devenir cet être inquiétant qu’on nomme : un homme de conviction – c’est à dire, tôt ou tard, un fanatique. La meilleure école serait ainsi celle dont ils sortent et qui a eu soin de produire en eux une absence totale d’idées arrêtées.

Pourtant, tandis que l’homme ou la femme de conviction se font rares, le fanatisme fleurit. C’est peut-être qu’entre conviction et fanatisme, il y a un monde et qu’on ne guérira pas de l’extrémisme en produisant des êtres tièdes et incertains. Car précisément, le problème du fanatique n’est pas qu’il croit trop, mais trop peu. S’il était vraiment convaincu, il n’aurait pas besoin d’assortir son message des pires contraintes. Il se contenterait d’annoncer. Il ferait siennes ces consignes de Jésus : « Dites : Que la paix soit sur cette maison. S’ils en veulent, la paix ira sur eux. S’ils n’en veulent pas, qu’elle rejaillisse sur vous » (Luc 10, 5-6).

Non, le terroriste n’est pas un homme de conviction. Il en est l’exact opposé : en prophète raté, il ne croit plus au pouvoir de la parole, surtout si elle est désarmée, qu’à la puissance de son Dieu. Et dans l’acte de soumission qu’il arrache au mécréant, il cherche sans doute un excitant pour sa propre foi, qui serait sans cela vacillante.

Le véritable croyant est au contraire un être assez posé dans sa foi pour savoir que la vérité ne dépend pas de l’efficacité de son annonce. On le reconnaît à ceci qu’il laisse Dieu s’occuper de la récolte. Un croyant au sens beau et fort nous apprend finalement ceci : il n’est donc pas besoin d’être tiède pour être non violent.

 

Martin Steffens, Marcher dans la nuit

 

 

 

 

 

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