On parle en Occident d’un « crise des vocations sacerdotales » sans précédent. Pour y remédier, on imagine des stratégies, visant à promouvoir le sacerdoce auprès des jeunes générations : revues, affiches, sites internet, appels en chaire, témoignages édifiants…Ces animations sauront-elles contrebalancer les contre-témoignages, épars, mais monstrueux – glanés avec une fébrilité parfois douteuse par les médias ? À qui s’adressent ces « coups de pub » ? Ces « Pourquoi pas toi » ? À quels jeunes espère-ton s’adresser ?

Dieu n’a jamais cessé d’appeler des hommes à se consacrer exclusivement à son service : Il est fidèle ! Aucune génération, depuis la venue en notre chair du Prêtre Eternel, ne s’est trouvée totalement dépourvue de pasteurs. Mais je n’ai personnellement jamais été témoin d’un « appel au sacerdoce » qui ne fût pas un « appel dans l’appel » . Je n’ai jamais constaté d’appel à suivre le Christ Bon Pasteur qui ne s’inscrivît pas dans un premier appel à suivre le Christ dans la sainteté. Surtout, je n’ai jamais vu que la Voix du Bon Pasteur ne puisse pas être entendue d’un jeune résolument appliqué à mettre ses pas dans les Siens.

En vertu de quoi, il me semble que pour être efficace la « pastorale des vocations » ne doit pas tant consister à entreprendre les jeunes pour leur parler du sacerdoce qu’à réunir toutes les conditions qui leur permettraient d’entendre l’Appel.

Ceci n’est rien de moins que l’éducation chrétienne ! Laquelle passe par le soutien aux familles – premières éducatrices de la foi – par l’existence d’écoles vraiment missionnaires, par l’animation de lieux de croissance authentique et par un renoncement décomplexé et prophétique à une certaine influence du « monde » dont « les voix et les images »  saturent l’âme des jeunes connectés comme jamais.  Nul doute qu’en préservant ce minimum de culture et de liberté chrétienne , la voix du Seigneur pourra être perçue et qu’Il pourra entraîner des jeunes à tout quitter pour Le suivre.

Au fond, le vrai drame n’est donc pas tant la raréfaction des vocations sacerdotales que celle des éducateurs catholiques. Un investissement en amont ne serait-il pas plus fructueux qu’en aval ? En abordant le problème par le petit bout de la lorgnette, nous risquons de continuer à faire fausse route et à constater la baisse du nombre des candidats à la prêtrise…

Je suis convaincu que nous aurons toujours autant de prêtres que Dieu veut tant que nous travaillerons par notre prière et notre investissement dans cette direction celle qui consiste à tout faire pour que les jeunes vivent dans la grâce du Christ, en les dissuadant de « s’arracher » de la Main du Christ (Jn 10, 29), en vivant dans la pleine communion avec Lui.

Mettons-nous vraiment au service de la sainteté des enfants et des adolescents et Jésus continuera d’appeler, parmi eux, ceux qu’Il voudra… pour sa gloire et notre plus grande joie.

Abbé Simon Chouanard