« Beaucoup de commencements, dans la Bible, sont des dérangements. Moïse, devenu berger, fait un détour pour aller voir de plus près le buisson-ardent où Dieu va l’appeler à libérer son peuple esclave en Égypte. Ce détour n’est pas grand chose, mais Dieu l’en félicite comme s’il avait fait quelque chose d’extraordinaire. L’extraordinaire, c’est qu’il se soit laissé déranger. Son troupeau devait l’occuper. Et il aurait pu simplement refuser de sortir de son confort routinier. On dit qu’un buisson qui brûle sans se consumer, ce n’est pas banal, et que nous serions allés voir nous aussi, ne serait-ce que par curiosité. J’aimerais en être certain. Sur combien de miracles fermons-nous les yeux, parce que cela nous entraînerait trop loin ? Combien de visites d’anges manquons-nous par manque de curiosité et souci de tranquillité ? »

 

ADRIEN CANDIARD,
Quand tu étais sous le figuier