« Ce n’est qu’en regardant au-delà de ce monde, où tout passe et meurt, qu’est la vraie joie dans l’espérance d’une autre vie dont celle-ci n’est que le prélude ; vie où le bien, fait ici-bas, aura sa récompense, et où la lumière, la vérité, l’amour dont ont soif nos esprits et nos cœurs, seront pleinement et éternellement satisfaits. » Ces quelques lignes extraites des carnets intimes d’un grand apôtre du Cœur de Jésus, le bienheureux Charles de Foucauld résument parfaitement l’ « ambiance » spirituelle d’une fin d’année liturgique.

L’année chrétienne s’achève avec la fête du Christ-Roi (25 novembre) qui célèbre la récapitulation du dessein miséricordieux du Père, dans la pleine manifestation de la royauté du Christ, à la fin des temps et de l’Histoire. Avant d’entrer dans cette perspective universelle, la liturgie nous fait méditer non seulement sur la finitude l’univers, mais sur celle de tout homme. Au 1er novembre, nous fêtons les « saints », c’est-dire les hommes et les femmes qui n’ont pas raté leur « sortie » (devenue « entrée » au Ciel ) et qui à ce titre peuvent nous faire bénéficier de leur puissante intercession, désormais unie à celle de Jésus dans sa gloire. Le lendemain, nous recommandons nos chers défunts, élargissant notre prière à tous les morts connus et inconnus, dans l’espoir fondé de hâter leur purification et de rendre grâce pour leur salut. Impossible de savoir où chacun se trouve aujourd’hui : nous sommes acculés à une Espérance qui se fait prière. Cette solidarité spirituelle s’appelle la « communion des saints ».  De façon réciproque, les défunts déjà entrés dans l’éternité de vie nous aident à porter notre regard vers le Ciel, en nous laissant conduire par l’Esprit. « Il est si doux de se sentir porté par cette main au travers de cette courte vie, vers cette éternité de lumière et d’amour pour laquelle il nous a créés » écrivait, quelques pages plus loin, le Frère Charles de Jésus…

   Abbé Simon Chouanard